ÉDITORIAL

Mort du Président Youssouf Togoi : la persistance des zones d'ombre

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Le comportement des autorités libyennes vis à vis de la dépouille de Youssouf Togoï ne laisse aucun tchadien indifférent malgré la diversité de nos positions politiques. L'aberration a atteint son paroxysme lorsque les libyens déclarent chercher le consentement du régime en place pour rapatrier la dépouille. Ce comportement abjecte nous pousse à s'interroger sur les causes réelles de la mort de Youssouf Togoï. Il est possible qu’un polytraumatisé puisse succomber à une embolie cérébrale consécutive à une thrombose. Mais dans le cas d’espèce de Y. TOGOÏMI, certains actes médicaux posés à la Clinique de Traumatologie de BOUSELIM (« Mustashfa’ Hawadith Bousselim ») à Tripoli soulèvent de nombreuses interrogations:

1) l’arrêt inexpliqué de l’administration des anticoagulants dès le 19 septembre, c’est à dire plus de quatre jours avant le décès;

2) la prescription anormale et finalement suspecte d’une séance de rééducation le 24 Septembre, jour du décès, alors que tout activité intempestive , en particulier contre indiquée en l’absence de prise d’anticoagulant, cela est très bien connu, pouvait provoquer une embolie.

Dans ces conditions, les atermoiements actuels des autorités libyennes à permettre le rapatriement du corps de M. TOGOÏMI au Tchad, mesure humanitaire purement formelle, posent problème et rendent nécessairement suspecte la cause de la mort de ce dernier.

Les anomalies constatées devraient conduire selon le droit et les règles de médecine légale à la mise sur pied d’une commission médicale d’enquête. Une autopsie aurait permis de faire toute la lumière sur ce décès inexplicable au vu de l’ état réel du malade. Les autorités Libyennes ne devraient pas déroger à cette règle et clarifier les conditions de la mort de Youssouf TOGOÏMI.

Et tant que la Libye tergiversera sur la remise du corps et son rapatriement, le doute subsistera sur ce qui apparaît en définitif comme un double assassinat du Chef du M.D.J.T.

Le meurtre aura en effet été commis en deux temps : d’abord au moyen de la mine posée par les forces gouvernementales tchadiennes sur le trajet du défunt, ensuite par les actes médicaux délibérés qui on achevé le travail de la mine. 

Ces faits laissent clairement penser qu’aucune issue pacifique ne peut être envisagée dans la crise politique tchadienne et que la médiation libyenne n’est qu’un leurre.

Les autorités Libyennes ont l’obligation politique et humanitaire de clarifier les conditions de ce décès et toutes les questions que se posent les Tchadiens et l’opinion internationale.

C'est par un appel téléphonique que nous avons appris, mardi soir, cette nouvelle terrible qui a tétanisé l'opposition armée. La surprise est telle que personne ne s'attendait à une telle nouvelle vue l'amélioration de l'état du santé du Président Youssouf. La veille, il était en conversation téléphonique avec des responsables de l'opposition armée où il évoquait son souhait de rassemblement de toute l'opposition pour mettre terme au pouvoir en place. Rien ne laissait présager une telle évolution de son état.

Youssouf Togoi, place la cohérence, le caractère et la rectitude par dessus toutes choses. Se veut intraitable, droit et exigeant. Convaincu de la nécessité de combattre le pouvoir en place, il n'a pas hésité à claquer la porte du gouvernement et aller en rebellions. Nul ne conteste au Président Youssouf son sens élevé de la justice, son intelligence voire sa probité. Il est considéré comme honnête et franc, détestant l'hypocrisie, les intrigues de couloir, les combines des antichambre, bref, il ne s'abaisse pas pour composer. Youssouf est mort, mais le combat de Youssouf ne s'arrêtera jamais car c'est un combat contre un régime corrompu, mafieux et incapable de gérer le pays. Les jubilations du porte parole du gouvernement, ancien étudiant en 1ere année de pharmacie et permanent du restaurant "le cœur d'Afrique", ne sont que provisoire. Tous ceux qui croient que la mort de Youssouf arrêtera la lutte armée se trompent, même avant la sortie de Youssouf il y avait des foyers armés

Youssouf n'a jamais été favorable à une négociation avec ce régime amoral et immoral. Ceux qui ont, depuis octobre 2001, pressé le Président Youssouf à tenir le congrès, obligé à accepter la négociation, auront sa mort sur la conscience. Le moment n'est plus pour les polémiques mesquines et stériles. Mais il est cependant tout à fait logique de se poser certaines questions: Monsieur Hel Bongo n'est il pas très tôt pour faire quoi que cela soit ? Ne doit on pas d'abord enterrer Youssouf avant toute spéculation?

Youssouf disait, avant son départ de la Libye: dans mon entourage, il y a des personnes qui ne sont animées que de leurs intérêts personnels, la souffrance quotidienne du Peuple tchadien ne leur dit rien. Dès son départ, il avait suspendu tous les renégats. Si on en juge par les réactions de certaines personnes, nous aurions envie de leur dire laisser le cadavre de Youssouf pourrir avant de marchander avec le régime.

Élection après élection, le pouvoir corrompu et incapable promet et ne réalise rien. Ainsi, le 21 avril 2002 s’est déroulé « l’élection législative » au Tchad. Le régime, fidèle à lui-même, après avoir fait circuler des rumeurs sur une tentative de coup d’État qui serait orchestrée par les Arabes et les Zaghawa (kobé), a fini par assassiner un candidat indépendant dans le Borkou. Cette stratégie s’est avérée payante car si on en croit les déclarations du président de la commission électorale dite « nationale et indépendante », le régime aurait raflé plus de 112 siéges sur 155 que compte cette assemblée. Les alliés inconditionnels du régime se sont partagé les quelques miettes restantes. Toutes les conditions sont réunies pour que le Général Président opère une révision constitutionnelle abrogeant l’article 61. Ce cafouillage électoraliste qui aurait pu bénéficier à l’opposition politico-militaire, est passé complètement inaperçu du fait des problèmes que rencontrent certains groupes de l’opposition armée. En effet, face à la déchirure du CMAP, la recentrage de la position du MDJT face à la question de la négociation, l’actualité politique tchadienne avant les législatives est dominée par les crises de division qui émerge ça ou là.

C’est dans cette ambiance que M. GUETI, chef de parti et candidat indépendant, en tête dans les sondages d’opinions dans le Borkou, sautera sur une mine posée là, selon le Ministre de la défense de Deby, par Hemichi Dogrdé (Yaskadinga) qui, il y a belle lurette, avait rejoint le MDJT. L'implication du régime dans ce meurtre est incontestable.

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